Les Préfets-en-chef s'ennuyèrent dans leur compartiment. Depuis que McGonagal était partie, tous étaient dans leurs pensées ; la dame des confiseries était passée, personne n'avait rien pris aillant l'estomac noué par leurs nouveaux devoirs et responsabilités.
Depuis plus personne n'osait parler, jetant juste quelques regards aux autres pour voir une quelconque réaction de la part de quelqu'un, en vain !
On entendait les élèves quand ils passaient, devant leur compartiment, raconter leurs vacances heureuses ou tristes ou souvent on parlait de la mort du Lord qui avait terrassé le monde magique et moldu pendant des années, faisant vivre les populations dans la peur de la mort, de la trahison d'un ami ou de la famille, de la fin de leurs libertés...ou du monde !
La plupart était joyeux : enfin Voldemort était mort, les bâtiments détruits étaient reconstruits, mais le plus dur dans tout ça, était les pertes d'un membre de la famille qui se battait pour leur idéologie, pour protéger ceux qu'ils aimaient.
Drago regarda le paysage de la campagne défiler à la vitesse du train et réfléchissait aux tournures des évènements pendant cet été, à tout ce qu'il avait appris durant ces années sur leur famille supérieur aux autres, aux sentiments qui n'étaient que pour les faibles, seule la haine et la supériorité étaient pour les forts, comment il devait traiter les autres, les sang-mêlé, les nés moldus, les cracmols... Tous inférieurs à lui et à son sang, et aussi à son avenir qui était tout tracé depuis 18 ans déjà, avant même qu'il ne soit né, sa famille et le Lord avait des projets pour lui, et qui est maintenant, complètement détruit en même pas deux mois et tous ça à cause d'un binoclard alias le « balafré » et de sa vieille bande de sales « bouffons d'or » comme il aimait les appeler, lui et ses « amis » les Serpentards. La bande qu'il haïssait tant était composée de « traître à leur sang », de la belette, un pauvre sang pur traître depuis toujours, du « vieux fou » et d'une « sang-de-bourbe-miss-je-sais-tout-sur-tout-coincée-et-qui-ne-ressemble-à-rien » !!! Quelle belle bande de débiles ils avaient là !
Mais quand il ne pensait pas à la déchéance de sa famille, les Malefoy, les Sangs Purs ! Il lançait des regards noirs à la lionne, à la « sang de bourbe » qui avait aidé à sa perte, à sa famille et lui, son nom, son argent, le manoir Malefoy, sa réputation de tombeur, du plus riche, du plus envié, du plus désiré à Poudlard, il avait eu du mal à se faire respecter et c'était son nom, encore, qui l'avait aidé. Sa famille et lui avaient perdu leur honneur, mais ces idiots d'adolescents qui avaient du « courage », mais surtout de la « stupidité » dans leur cervelle lui avait tout pris et cette Sang-de-bourbe fit comme si elle ne voyait rien de ces regards noirs qu'il lui adressait depuis maintenant depuis une heure et demie, comme s'il n'existait pas, et la chose qu'il détestait le plus c'est bien qu'on le mette de côté et la pitié.
Un livre à la main, Hermione essayait de se concentrer sur sa lecture, un livre moldu sur un couple pas comme les autres : un vampire qui aime une humaine ! L'auteur écrivait merveilleusement bien, l'histoire était belle, romantique, il y avait de l'action, de l'humour et surtout de l'amour, une histoire sur un couple impossible et interdit, mais pourtant qui allait si bien ensemble.
Elle sentait les regards de « la fouine » comme Ron, Harry et elle aimait l'appeler depuis leur quatrième année à Poudlard.
Son regard envers elle était haineux, elle savait pourquoi : il avait perdu son rang dans le monde magique, le nom des Malefoy a été bafoué.
Avant la guerre, la grande bataille, ils étaient respectés, admirés pour certaines familles, craint pour la plupart des gens, même le Ministre de la Magie les respectaient, personnes n'osaient les défier et maintenant ils étaient traités comme des moins que rien, des inferieurs dans le monde magique, alors que pour eux ils étaient toujours les supérieurs depuis des générations, c'est leur ancêtres qui devaient se retourner dans leurs tombes.
Lucius Malefoy avait était condamné à vie en prison à Azkaban pour être un Mangemort, pour avoir tué, torturé, manipulé, utilisé des sorts impardonnables, menacé le Ministre et bien d'autre encore...
Narcissa Malefoy, elle, était à Sainte Mangouste pour avoir fait une énorme chute dans la dépression, dût à l'arrestation de son mari à vie, de son nom sali, de l'argent perdu, de la mort de sa s½ur, des regards heureux des autres femmes qui la jalousaient dans le temps, des regards haineux des familles, de ceux qui on été torturés ou morts de la main de son mari, qu'elle aimait tant, et de son fils adoré qui avait faillit suivre son père en prison pour avoir la Marque depuis ses 16 ans et demi, fait entrer les mangemorts dans l'enceinte de Poudlard lors de sa 6éme année, des tentatives de meurtres sur le défunt Dumbeldore, mais étant jeune lors de son tatouage et qu'il n'avait commis aucun meurtre, qui était voué à l'échec, ou lancé de sort impardonnable, il avait été condamné à 1 mois de prison à Azkaban et avait dû payer une somme colossale pour aider à reconstruire ce qui avait été détruit lors de la guerre, comme le Ministère ou la Gazette du Sorcier ou alors de Ste Mangouste qui avait le plus perdu.
Hermione essayait de faire comme-ci de rien n'était. De l'extérieur elle faisait calme, sereine, mais de l'intérieur elle était prête à craquer et à tout moment étrangler son homologue pour qu'enfin il ne la regarde plus. Son sang bouillonnait dans ses veines au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, et comme par hasard le voyage lui semblait bien trop long sans ses amis, qui devaient s'amuser maintenant qu'il n'y avait plus de danger au dessus de leur tête, surtout Harry !
Quant aux autres Préfets-en-chef, ils dormaient ou lisaient un magasine sur le Quidditch, le dernier balai sorti, ou les nouvelles tenues à la mode, ou les potins sur les équipes. En gros ils ne faisaient plus attention à leurs collègues, aux regards tueurs du blond vers la Gryffondor et de l'énervement que cela générait chez elle !
Le silence régnait dans leur compartiment. On entendait plus que le train roulant sur les rails et les rires des élèves qui passaient. Au bout d'une heure ou plus, la lionne en eut marre, ne supportant plus l'attitude du Serpent vis-à-vis d'elle, qui lui servait de « collègue». A ce mot Hermione fit la grimace, rangea nerveusement son livre dans son sac, réduit le tout, le mit dans la poche de sa robe de sorcière qu'elle avait mise quelques minutes avant, enjamba les jambes de son collègue de Poussoufle qui dormait encore et partit sans se retourner pour voir le regard toujours haineux de Drago qui ne la quittait pas, rejoindre ses amis de toujours qui rigolaient sûrement à une blague débile de Ron, qui était arrivé quelques minutes après que McGonagal soit partie après leur avoir expliqué leurs devoirs en tant que Préfet.
Elle fit coulisser la porte de leur compartiment et trouva Ginny sur les genoux de son frère de c½ur Harry, le sourire aux lèvres, plus heureuse que jamais, malgré la perte d'un frère. Luna était assise en face du couple et Ron à ses côtés !
On pouvait voir sur les banquettes du compartiment les déchets de papiers bonbons ou chocolat qu'ils avaient mangé avec gourmandise. Le reste du voyage se passa dans les rires, la joie et la bonne humeur. Hermione leur avait tout raconté sur son appartement et de Drago, de ses manières, ses regards et la vie horrible qu'il allait lui mener !
Arrivés à Poudlard, ils n'eurent pas le loisir de discuter car la Cérémonie de Répartition débutait. La Gryffondor ne suivit pas. Seul le visage blafard de Malfoy la préoccupait. Le calvaire qu'elle allait vivre l'empêchait de penser à autre chose. Cette septième année était décisive : elle passait ses ASPIC ! Et elle voulait tout mettre de son côté pour réussir. Or, Malfoy lui avait promis de se venger et une menace de ce serpent n'était pas lancée en l'air. Il tiendrait parole. Hermione voulait avoir la paix mais ne pas se laisser écraser par le Serpentard. Soit elle l'ignorait, soit elle ripostait. Comme le choix n'était pas évident, elle opta pour le remettre à plus tard. Inconsciemment, la jeune fille se tourna vers la table des Verts et Argent. Malfoy semblait la fixer depuis un bon moment. Elle soutint son regard méprisant. Au bout d'un moment, Draco détourna son attention d'elle mais un petit sourire inquiétant étira ses lèvres sèches. Le prince n'avait pas la même attitude que ses « vrais » meilleurs amis Blaise Zabinni et Théodore Nott, en filles il ne s'entendait bien qu'avec Millicent Bulstrode et Pansy Parkinson. On les surnommait « les Quintuplé d'Argent » le contraire du «Trio d'Or» !
La Gryffondor remarqua que ce groupe là devait avoir la même idée de vengeance que leur leader, Malefoy. Malgré elle, Hermione frissonna puis prêta enfin attention à ce que disait la directrice.
-... et je compte sur ce climat de paix pour apporter une solution aux conflits anciens qui vous divisent. Si vous persistez à vous haïr, à quoi ressemblera le monde sorcier de demain ? Ce pour quoi se sont battus vos parents, vos frères et toutes les générations qui vous précèdent aura été vain si vous ne changez pas vos attitudes les uns envers les autres ! Une aube nouvelle se lève avec un espoir de monde meilleur. Ne le gâchez pas !
Les exhortations de McGonagall coulèrent sur Hermione sans l'atteindre. Pourquoi faire table rase du passé alors que les propres fils des vaincus étaient ravis de poursuivre ce que leurs parents avaient entamé ?
-... et les quatre personnes qui donneront l'exemple de ce que j'attends tous de vous sont nos quatre Préfets-en-chef : Miss Boot, Miss Granger, Mr McMillan et Mr Malefoy. Veuillez me rejoindre derrière, je vous prie.
Hermione se leva et traversa la Grande Salle sans prêter attention aux regards qui la suivaient. La directrice clôt la soirée :
- Je vous rappelle que la liste des objets interdits à Poudlard se trouvent dans le bureau de Mr Rusard. Vous recevrez vos emplois du temps demain. Les Préfets vont maintenant conduire les premières années à leurs dortoirs respectifs. Bonne soirée à tous !
D'un air sévère, McGonagall rejoignit les Préfets-en-chef dans la salle située derrière la table des professeurs. Ils étaient tous les quatre assis et ne décrochaient pas un mot.
- Je vois que la partie n'est pas gagnée d'avance... soupira-t-elle. Je vais vous distribuer vos emplois du temps à l'avance pour que vous puissiez vous organiser. Je vous rappelle que vous devez planifier vos rondes, vos entraînements de Quidditch et vos cours. Vos tours de garde s'effectueront deux fois par semaine par binômes. Les mêmes que pour votre cohabitation. Non, Miss Granger, ne dîtes rien. Je sais ce que vous en pensez ! Dans un mois, je reprendrai contact avec vous pour l'organisation de l'échange dont je vous ai déjà parlé dans le train. Vous aurez aussi à organiser le Bal d'Halloween. Maintenant, je vais conduire Miss Boot et Mr McMillan dans leurs appartements. Je reviendrai ensuite vous chercher ! ajouta-t-elle en direction des deux autres. Evitez de vous entretuer pendant mon absence !
Hermione sourit faiblement quand ils sortirent de la pièce. Ses deux homologues lui jetèrent un regard alarmé, comme si elle allait assassiner Malefoy. Quoique...
La Gryffondor s'enferma dans son mutisme et tourna le dos à Malefoy. Sa réaction ne se fit pas attendre.
- C'est ça, ta nouvelle stratégie ? M'ignorer ? Mais tu vas perdre à ce petit jeu, Granger !
- Je ne joue à rien, Malefoy !
- Ben moi, si... Je vais jouer à te rendre folle jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter ! Ta vie va devenir un enfer, Granger !
- Jamais je ne te ferai ce plaisir ! grogna-t-elle entre ses dents. Ta stupide petite vengeance ne changera rien au fait que Voldemort a perdu et que ton père croupit en prison, Malefoy !
- Ferme-la, Granger !
- Ta famille a perdu son influence, n'est-ce pas ? C'est vrai que maintenant tu vas devoir redorer ton blason... A ta place, je ne le ferai pas en pourrissant la vie de ceux qui ont sauvé la vie du monde de la sorcellerie ! Conseilla -telle d'un ton acerbe.
- Tu te prends pour ce que tu n'es pas, Granger ! rétorqua Drago, hors de lui. Tu n'as sauvé personne ! Sans tes petits amis de l'Ordre, vous seriez tous morts à l'heure qu'il est !
- Peut-être, mais j'y ai participé, moi ! Toi, tu t'es terré comme un lâche dans les jupons de ta mère !
Malefoy se leva d'un bond. Elle crut qu'il allait la frapper. Mais sa baguette s'interposa entre lui et elle.
- Recule, Malefoy ou je t'envoie rejoindre Voldemort au royaume des morts !
- Je vais te faire payer tout ça, Granger ! Tu vas tellement souffrir que tu te traîneras à mes pieds pour me demander d'arrêter mais je continuerai, Sang-de-bourbe !
- Tu te répètes, Malefoy ! répliqua Hermione calmement. Tu veux me faire souffrir, c'est ça ? Mais n'oublie pas une chose, je connais tes points sensibles, Malefoy ! Et je n'hésiterai pas à frapper là où ça fait mal !
Ils se turent mais leurs yeux parlèrent pour eux, se défiant avec haine. La guerre était déclarée entre eux.
- Il n'y a aucun mort ? Ironisa la directrice en revenant. Vous partez sur de bonnes bases, félicitations ! Maintenant, suivez-moi, je vais vous montrer vos appartements.
McGonagall les conduisit dans l'aile est jusqu'à un tableau représentant une scène de carnage épouvantable. Hermione eut un haut le c½ur.
- Je l'ai choisi exprès pour vous ! Se félicita la directrice. Le mot de passe est "Partage". Je vous laisse découvrir vos appartements. Bonne nuit !
Malefoy poussa Hermione et pénétra le premier dans leur salle commune. Il y avait deux sofas, l'un vert, l'autre rouge ainsi qu'une cheminée qui réchauffait quelque peu l'atmosphère glaciale. Les tapisseries au mur, les tapis et même les peintures mêlaient toutes rouge, vert, argent et or. C'aurait pu être beau si cela ne crevait pas de sous-entendus. Hermione fit une grimace. Tout ici rappelait le désir d'union de la directrice.
- C'est de très mauvais goût ! observa Malefoy.
Elle haussa les épaules, comme s'il ne valait pas la peine qu'elle réponde. Au fond de la pièce se trouvait un escalier de marbre qui débouchait sur trois portes. Celle du milieu donnait sur une salle de bain qui était immense. La baignoire ressemblait plutôt à une piscine avec d'innombrables robinets. Drago entra derrière elle.
- Ah, une salle de bain commune ! Voilà qui va me faciliter la tâche !
Hermione le regarda comme s'il était un crapaud puis sortit. Elle entra par la porte de droite où un blason de Gryffondor était accroché. Elle s'enferma à double tour. Sa chambre était décorée avec beaucoup plus de goût que la salle commune. Le lit à baldaquin était entièrement rouge et or. Le bureau et l'armoire qui était gigantesque étaient en bois rouge tout comme la coiffeuse. La jeune fille ouvrit la fenêtre qui donnait sur les montagnes. Elle s'allongea sur son lit et soupira d'aise : c'était quand même épuisant de battre Malefoy sur son propre terrain !
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KiiSS
Fiind-L0ve et Wingardium-Leviosa